“Yonou yokouté” à Yavuz Selim….Pendant trois ans, la fille de Serigne Mbaye Thiam bénéficiait gratuitement de la scolarité

L’affaire Yavuz Selim a connu une nouvelle tournure, après la sortie du ministre de l’Education nationale Serigne Mbaye Thiam. Dans cet entretien accordé à ‘’EnQuête’’, le président de l’association des parents d’élèves revient de façon large sur la situation du groupe et ouvre le feu sur le ministre.

 

Le ministre de l’Education a soutenu que s’ils ont autorisé, l’année dernière, les élèves à se présenter aux examens, c’est parce que c’est en cours d’année que l’arrêté a été pris. Allez-vous continuer les inscriptions ?

Nous devons beaucoup de respect au ministre Serigne Mbaye, parce que c’est une autorité politique dans ce pays. Mais, à chaque fois qu’il fait des sorties, nous notons des contradictions. En voulant me répondre, il s’est embourbé lui-même. Parce que l’arrêté du 7 décembre du ministre de l’Intérieur, qui abrogeait l’association Baskent Egitim, ne concerne pas Yavuz Selim. Quand j’ai posé le problème pour demander pourquoi le ministre n’avait pas arrêté, il a parlé de continuité des enseignements, je le lui concède. Mais il doit savoir que, par rapport à Yavuz Selim, la transaction a été faite et nous avons rencontré l’administration bien avant cet arrêt du 7 décembre 2016. Tout ce qui était transaction a été fait au nom de Yavuz Selim S.A.

Donc, sur le plan juridique, le ministre de l’Education nationale est passé à côté. Parce que, quand une affaire est devant la justice, on attend la décision de cette dernière. Pour moi, le ministre de l’Education semble ne pas respecter la justice de ce pays. Parce qu’il y avait un recours à la Cour suprême qui a été introduit par l’administration de Yavuz Selim. Ledit recours n’est pas encore vidé. L’autre élément qu’il faudra intégrer dans l’analyse, c’est que Yavuz Selim a commencé ses cours depuis le 11 septembre. Les parents n’attendent jamais le jour de la rentrée pour inscrire leurs enfants. Soixante-dix pour cent de ces derniers ont été inscrits entre juin et juillet. Alors, vous attendez le mois de septembre pour faire une sortie. Nous nous demandons pourquoi le ministre de l’Education nationale va plus loin que le décret du président de la République qui autorise la fondation Maarif à exercer ses activités au Sénégal. Mais il ne dit pas que Maarif va remplacer Yavuz Selim. Pourquoi donc il veut à tout prix éliminer l’établissement ?

Vous savez, si le ministre dit que nous sommes dans l’illégalité en tant que parents d’élèves, mais lui aussi il a été dans l’illégalité.

Comment a-t-il été dans l’illégalité ?

Parce que sa fille est élève à Yavuz Selim depuis trois ans. Je ne sais pas si cette année elle a été réinscrite. Elle était en classe de 4e B au collège Sultan en 2017. Et je vais aller plus loin, l’enfant de Serigne Mbaye Thiam bénéficiait gratuitement de la scolarité en tant que ministre de l’Education nationale.  Avec la rigueur que Serigne Mbaye Thiam incarne partout où il passe, il se fait passer comme le ministre de la rigueur. Je pense qu’il ne devait pas accepter une gratuité de la scolarité de sa fille pendant trois ans dans cet établissement qu’il veut sacrifier. On lui a demandé de payer selon sa disponibilité financière. Il ne l’a pas fait pendant trois ans. C’est grave.

Ce qui nous lie à Yavuz Selim, nous parents d’élèves, ce n’est pas l’argent ou des actions. C’est une relation de confiance fondée sur la qualité des enseignements que nos enfants reçoivent ici. Je vais vous donner des preuves de ce que je dis. Malgré les soubresauts de cet arrêt, les enfants qui étaient dans une situation psychologique difficile, aujourd’hui, les résultats parlent d’eux-mêmes. On a plus de 75 % au Baccalauréat. Au Brevet de fin d’études moyennes, on a aussi de bons résultats. Maintenant, comment comprendre que cet établissement, qui fournit des services d’éducation de qualité, qu’on veuille le liquider ? Je rappelle également à ce ministre que ce combat-là, même si je n’étais pas le président de l’association des parents d’élèves, je le porterai en tant que militant des droits de l’enfant, parce que le Sénégal a signé la  convention qui les protège, de même que la charte africaine des droits qui milite pour le bien-être de l’enfant. On ne parle pas de droit à l’éducation, mais d’une éducation de qualité.

Mais le problème, c’est que le ministre ne reconnait pas une société qui s’appelle Yavuz Selim. Pourquoi avez-vous introduit une demande d’autorisation d’enseigner ?

Je vous ai dit que tout citoyen ou particulier a le droit de faire transaction de ses affaires. Mais si Baskent Egitim et Yavuz Selim S.A ont fait cette transaction avant la décision d’abroger Baskent, cela  ne concerne pas le ministre. Mais c’est avec Yavuz Selim S.A que les activités ont continué, que sa fille a fréquenté cet établissement. Donc, pourquoi ils viennent nous dire aujourd’hui qu’ils ne reconnaissent pas notre association ? Est-ce que vous pouvez accepter que 3 000 enfants Sénégalais soient privés d’une éducation de qualité, parce qu’on a des intérêts inavoués qu’on ne veut pas dire et qu’on laisse un Etat étranger venir avec un projet politique pour supprimer un projet éducatif de qualité ? C’est ça la situation.

Le ministre doit savoir raison garder parce qu’aujourd’hui, les inscriptions et les réinscriptions ont dépassé celles de l’année dernière à la même période. Je signale que les classes de terminale, de troisième et de sixième ont démarré les cours aujourd’hui (hier).

Vous avez démarré les cours, alors que les écoles ne seront pas reconnues cette année ?

Nous, nous inscrivons nos enfants ici. Aller vérifier les statistiques. Jusqu’ici, les actes posés par le président de la République sont très mesurés, parce que le décret ne fait pas référence à Yavuz Selim. Le président de la République n’a fait aucune sortie. J’ai comme l’impression que le ministre de l’Education a un problème personnel avec l’école, alors que l’établissement lui a énormément rendu service. En tant que président de l’association des parents d’élèves, je n’ai pas bénéficié de ce service, de même que les autres parents. Pourtant, lui, il est ministre. Donc, pourquoi cet acharnement contre le groupe scolaire ? Quand un ministre de la République, qui devait être neutre dans un dossier, va jusqu’à prendre fait et cause pour une fondation qui n’a pas encore exercé au Sénégal, c’est grave. Parce que, personnellement, je ne vais pas me lancer dans une structure d’éducation privée qui n’a pas encore démarré ses activités.

C’est de l’absurdité. Quand j’ai lu sa déclaration, un ministre démissionnaire qui doit gérer les affaires courantes, pourquoi ? Il faut qu’on apprenne à nos dirigeants, surtout à ce ministre, le b.a ba de l’Administration. Les affaires courantes sont gérées par le secrétaire national du ministère. Il ne devait même pas porter sa signature. Le président doit savoir que ces gens-là ne lui rendent pas service. Un ministre qui se permet d’être plus royaliste que le roi, c’est inadmissible. Nous lançons un appel au président, au Premier ministre pour qu’ils remettent sur les rails le ministre de l’Education nationale. Il faut qu’on respecte les Sénégalais. Il n’a qu’à donner une raison valable de la fermeture de ces 6 écoles. Ce qui est bizarre, est qu’un ministre prend déjà position avant la décision de la justice. Ce n’est pas normal, il devait être neutre. Il n’a pas voulu donner les raisons quand on lui a posé la question. Je pense qu’il a un intérêt crypto-personnel.

Concrètement, qu’allez-vous faire, si on procède à la fermeture des écoles ?

Nous allons nous mobiliser. Déjà, nous n’allons donner aucune suite à sa sortie, parce que les inscriptions se poursuivent. Nous tendons l’oreille à la justice. Nous avons discuté avec des experts. En tant qu’association des parents d’élèves, nous n’allons pas baisser les bras. L’intérêt supérieur de l’enfant doit primer sur tout. Cet intérêt, c’est de bénéficier d’une école de qualité. Nous sommes en train de contacter les défenseurs des Droits de l’Homme. Nous allons saisir également le ministère en charge de la Protection de l’enfance. Parce que c’est une violation d’un droit fondamental qui est l’éducation. Nous allons saisir également les leaders religieux et communautaires, et nous allons organiser des activités de sensibilisation de l’Etat.

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