Réformes judiciaires : Les magistrats s’impatientent

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Deux mois après la fin des travaux du Comité de concertation sur la modernisation de la Justice présidé par le professeur Isaac Yankhoba Ndiaye, les membres dudit comité peinent à rencontrer le président Macky Sall. Ce qui ne plait pas à Souleymane Téliko, président de l’Union des magistrats du Sénégal (Ums).

«Nous avons tenu des journées d’études sur tout le territoire national ainsi qu’un colloque sur l’indépendance de la justice les 28 et 29 décembre 2017, rappelle le magistrat dans un entretien accordé à Enquête et à Le Témoin. Les propositions de réformes ont été transmises à l’autorité. Par la suite, les pouvoirs publics ont mis sur pied un comité de concertation. A la fin des travaux du comité, le ministre (de la Justice, Ndlr) nous a donné l’assurance que la cérémonie de remise officielle du rapport du chef de l’Etat allait être organisée dans les semaines qui suivent.»

Six mois sont passés et les lignes n’ont pas bougé. «Nous attendions donc la tenue de cette cérémonie afin d’entendre, de vive voix, le président de la République se prononcer sur la question. Aujourd’hui, le délai raisonnable d’attente est largement dépassé», s’impatiente le juge Téliko, qui n’a pas manqué de fustiger que le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, révèle certaines «propositions issues des travaux du Comité» alors qu’il avait demandé aux membres de celui-ci de «ne pas divulguer le contenu du rapport» des concertations.

«Notre objectif est clair : aboutir aux réformes qui sont le seul moyen de redonner sa crédibilité et son autorité à la justice de notre pays, précise le président de l’Ums. Il s’agit d’une demande citoyenne louable et légitime. Et pour y arriver, nous ferons tout ce que nous permet notre statut».