Les Pme/Pmi ne captent que moins de 20% des prêts bancaires (Bceao)

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Les Petites et moyennes entreprises/Petites et moyennes industries (Pme/Pmi) ne reçoivent que moins de 20% des prêts accordés par les banques. Alors que dans certains pays, ce taux est estimé à 120 voire 150%. L’annonce a été faite par le directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), Ahmadou Al Aminou Lo.

Il s’exprimait en marge de la cérémonie de vulgarisation dans les régions du dispositif de soutien au financement des Pme/Pmi dans les États membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Une rencontre qui s’est tenue, ce jeudi 13 septembre 2018, à la Chambre de Commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack (Cciak).

Le patron de la Bceao au Sénégal juge ce taux “très faible”, alors que “le secteur privé est désormais censé prendre le relais pour la croissance économique de leur État”.

“Favoriser la baisse des taux d’intérêt”
Pour changer la donne, Ahmadou Al Aminou Lo a annoncé que la Bceao va, non seulement fournir de “la liquidité” aux banques mais en plus, elle va “favoriser la baisse des taux d’intérêt”, qui, selon lui, sont au-dessus de 10%.

Mieux, il ajoute que la Bceao s’engage à “refinancer” les banques, au maximum, au taux actuel (4,5%). Et si cela est fait, Ahmadou Al Aminou Lo “ose espérer que les banques pourront prêter en dessous de 10%”. Ce, “à condition que toutes les parties jouent le jeu et qu’il ait une transparence absolue”.

“Mise en place d’un bureau d’information sur le crédit”
Toujours en faveur des Pme/Pmi, Ahmadou Al Aminou Lo a signalé aussi que la Bceao a décidé “dorénavant d’abaisser la pondération des risques”. S’y ajoute la mise en place du Bureau d’information sur le crédit.

Il s’agit ici, selon lui, d'”une centrale d’informations qui collecte les noms des gens qui ont des comptes dans les banques et qui demande aux banques aussi de lui dire si ces gens remboursent ou non leur crédit”. Une centrale qui sera accessible dans tous les 8 pays membres de l’Uemoa. Et pour ce faire, il a invité les acteurs à accepter de donner leur consentement” au niveau des banques.

D’autres initiatives non moins importantes sont également en cours, selon Ahmadou Al Aminou Lo. Il s’agit notamment, du crédit-bail pour “favoriser davantage l’équipement des Pme”, l’appui à la finance agricole et surtout la finance islamique, et autres.

Enfin, le directeur national de la Bceao a invité tous les acteurs à “exploiter pleinement” toutes les opportunités offertes par le dispositif de soutien au financement des Pme/Pmi.

“Introduire les Pme à la Bourse”
Par ailleurs, Al Aminou Lo précise que les États membres de l’Uemoa, à travers ce dispositif de soutien au financement, ne visent pas seulement à “tirer une Pme de sa situation de non-financement mais d’arriver aussi, pour les plus performantes, à les introduire à la Bourse des valeurs mobilières et à faire de sorte que des Pme puissent être cotées”. Mais, pour cette cotation, le banquier estime que les patrons des Pme doivent “changer d’approche”.