Le porno en ligne a fait une nouvelle victime -Une fille de 19 ans se suicide aprés avoir vu sa vidéo

Deux semaines après la mise en ligne d’une vidéo pornographique dans laquelle elle apparaissait, une Américaine de 19 ans s’est suicidée, le 14 avril dernier. Quinze jours durant lesquels la jeune femme a fait l’objet d’un harcèlement qui l’a vraisemblablement poussée à bout.

L’industrie pornographique est une immense machine à billets verts, qui génère chaque année quelque 10 milliards de dollars de revenus aux Etats-Unis, soit plus que les ligues sportives professionnelles que sont la NFL, la NBA ou la MLB. L’industrie pornographique, c’est aussi une machine à broyer des êtres fragiles. Alyssa Funke, une Américaine de 19 ans, en est la dernière victime en date.

Cette jeune femme s’est suicidée le 14 avril, deux semaines après qu’une vidéo porno la mettant en scène, tournée en début d’année à Las Vegas, a fait son apparition sur la Toile, rapporte la chaîne américaine KMSP-TV. On y voyait la jeune femme protagoniste d’un grand classique du clip classé X : un entretien sur un canapé, durant lequel celle qui se présente sous le nom de Stella Ann fait part de son envie de devenir anesthésiste, suivi d’ébats filmés.

Une vie mouvementée

Problème, la vidéo n’a pas échappé aux anciens camarades d’Alyssa, qui ont alors pris un malin plaisir à déverser leur fiel sur les comptes Twitter et Facebook de la jeune femme. Harcelée et tombée en dépression, l’éphémère « porn star » a acheté un fusil à pompe et retourné l’arme contre elle. Sa dépouille a été retrouvée sur le bateau familial sur un lac du Minnesota. Triste fin pour celle que la vie n’a pas épargnée, entre un père emprisonné pour des vols et une mère condamnée pour trafic de drogues et défaut de soins concernant ses frères et soeurs.
Joy Friedman, employée d’une association, Breaking Free, qui aide les femmes à sortir de l’industrie du sexe, regrette la tournure des événements. « Bien sûr que j’en veux à ses camarades. Tout le monde joue un rôle, positif ou négatif, dans ce genre d’histoire », assure la travailleuse sociale. « Pourquoi ne pas aller la voir et lui dire : ‘Pourquoi as-tu fait cela ? Que puis-je faire pour t’aider ?’ Au lieu de cela, tout le monde suit la masse et tout est de sa faute car elle est dans la vidéo. Si c’est un boulot aussi glamour, pourquoi s’est-elle suicidée ? » L’enquête est en cours pour déterminer d’éventuelles responsabilités dans ce drame. Pendant ce temps, la vidéo porno de la défunte est toujours en ligne.