ENGAGEMENT CITOYEN EN AFRIQUE : Un nouveau jour se lève pour les activistes

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Révolution, union, action’ Ce sont de véritables cris de guerre poussés hier à Dakar, au cours d’une conférence de presse, par des jeunes Africains venus de différents pays pour repenser le panafricanisme et l’avenir du continent. Ils partageront leurs réflexions du 23 au 27 juillet, le temps de l’Université populaire de l’engagement citoyen (Upec).

A la violence des armes, de jeunes Africains comptent substituer le dialogue pour panser les maux dont souffre le continent. Venus de divers horizons, ils se sont donné rendez-vous à Dakar, pour lancer l’Université populaire de l’engagement citoyen (Upec). “Arme à feu contre main nue. Kalash contre slogan citoyen”. Telle est leur devise qu’ils n’ont eu de cesse de répéter hier, lors de la conférence de presse de lancement de l’Upec. Plus concis, le coordonnateur du mouvement Y en a marre, Fadel Barro, a déclaré: “Je crois en la force de la parole.” Nul besoin d’être violent alors. Membre du Comité scientifique de l’Université populaire de l’engagement citoyen et coordonnateur de la Lucha (mouvement citoyen congolais), Fred Bauma explique: “A partir de Dakar, nous voulons montrer aux gens que nous n’avons pas peur de nous rassembler. Nous allons faire une évaluation de nos forces et limites pour mieux affronter notre avenir. Nos gouvernants doivent comprendre que ce mouvement que nous avons initié, nous n’allons pas y mettre un terme. Nous sommes prêts à tous les sacrifices pour la transformation de notre ras-le-bol en une philosophie d’action citoyenné”

Des actions, les jeunes activistes comptent en poser du 23 au 27 juillet à la place du Souvenir. Pour l’occasion, ils vont mettre les petits plats dans les grands. Et ce sont les mouvements les plus importants d’Afrique qui vont échanger sur le devenir du continent. Parmi les participants, en sus de Lucha du Congo, le Balai citoyen du Burkina Faso et le mouvement Y en a marre du Sénégal’ Même Madagascar ne sera pas en reste à ce rendez-vous continental, avec Wake-up Madagascar. Ensemble, tous ces jeunes veulent cogiter sur divers thèmes qui intéressent le continent africain. D’éminentes personnalités dont Felwine Sarr sont attendues pour intervenir sur différentes thématiques: “L’histoire des mouvements sociaux africains, des indépendances à nos jours”; “Les révolutions échouées du continent”; “Engagement citoyen-violence et précarité”; “Etat des lieux et l’avenir des Droits de l’homme en Afrique”; “Nouvelles tendances de mobilisation en Afrique”?

En sus des moments d’intenses réflexions, il y aura des spectacles riches en couleur animés par des artistes de renom dont Tiken Jah Facoly, Smokey, Awady, Ismaël Lô

Ainsi, le coordonnateur du mouvement Y en a marre, Fadel Barro, et ses amis veulent réussir là où les “pères fondateurs” ont échoué. C’est d’ailleurs pourquoi, expliquent-ils, ils vont se pencher notamment sur les raisons des échecs des différentes révolutions initiées en Afrique. Très optimiste, il dixit: “La jeunesse africaine possède en elle-même plein d’énergie. Cette énergie, nous voulons l’utiliser pour la construction de notre démocratie, de notre bien-être et le renforcement de nos libertés. C’est ça notre objectif avec l’université populaire.” Le “Y en a marriste” estime que le mouvement social africain, aujourd’hui, est en effervescence. Ce qui, selon lui, est de bon augure. “Nous constatons tous que le front social est en ébullition dans le continent; et c’est mené par des mouvements iconoclastes qui refusent de se codifier. Ce sont des mouvements qui expriment leur ras-le-bol par rapport à la situation que nous vivons”, se félicite-t-il, convaincu qu’il est temps de mutualiser leurs forces pour aller à l’assaut du système mis en place depuis des décennies par des dirigeants véreux.

“L’Afrique que nous voulons”

Pour y arriver, il faut repenser les modalités même de l’action citoyenne. C’est, en tout cas, ce qui ressort des divers témoignages mis en exergue par les initiateurs de l’Upec. Habitués aux grands fora internationaux, ils souhaitent changer de paradigme en organisant eux-mêmes des rencontres, en définissant eux-mêmes les thématiques. “L’idée, affirme le coordonnateur du mouvement Y en a marre, est que les jeunesses africaines créent leur propre agenda. On ne doit plus attendre d’être invité dans des colloques ou rencontres internationales pour se retrouver. On ne doit plus se rencontrer juste pour parler de problématiques choisies par d’autres et parfois qui ne nous concernent pas. On se regroupe autour de nos propres problématiques, de nos propres agendas et envisageons également nos propres solutions”.

Ainsi, la mutualisation des forces a été le maitre mot, lors de la rencontre d’hier. Car, souligne Fadel Barro, les Africains ont tous les mêmes problèmes, le même destin. “Et puisque nous avons le même destin, c’est un devoir de nous tenir main dans la main pour essayer de bâtir l’Afrique que nous voulons. Il faut qu’on soit ensemble pour faire entendre la voix des jeunes sur des enjeux mondiaux comme la migration, la politique économiqué Si on se radicalise, c’est parce que nous estimons que la solution étant africaine, c’est avec les Africains qu’elle pourra être trouvée”, prêche le Che Guevara sénégalais.