En Gambie, les journalistes priés de faire leurs bagages

En Gambie, les journalistes priés de faire leurs bagages

En Gambie, le pouvoir muselle un peu plus les médias à l’approche de la fin du mandat du président Jammeh. Ce dernier a perdu l’élection présidentielle en décembre, mais conteste les résultats. Trois journalistes sénégalais ont été expulsés du pays.

En Gambie, l’étau se ressere un peu plus sur la presse, indésirable dans un contexte post-électoral ultra-sensible, alors que la fin du mandat du président Jammeh approche, mais qu’il contecte les résultats du scrutn, remporté par son adversaire.

Trois journalistes sénégalais travaillant pour trois groupes de presse distincts ont été interpellés mardi 10 janvier dans la capitale gambienne, Banjul, puis expulsés du pays. Par ailleurs, selon un témoin, un journaliste gambien free-lance a été brièvement détenu pour avoir pris en photos des militants de l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (l’APRC, le parti au pouvoir) qui manifestaient leur soutien au président Yahya Jammeh. Il a été libéré après que des agents de sécurité ont supprimé les clichés pris avec son téléphone.

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Les responsables des trois médias sénégalais, joints par l’AFP, ont indiqué que le motif avancé pour les expulsions était l’absence d’accréditation. “Notre journaliste était déjà en Gambie pour la présidentielle, et il y a travaillé presque jusqu’à Noël avec l’accréditation délivrée à cette occasion, sans rencontrer de problème”, a expliqué l’une des responsables. Elle a estimé étrange que “maintenant, on la réclame aux journalistes alors que la Gambie n’en délivre plus” et que ces reporters ne sont pas inconnus des autorités de tutelle.

Tentative de départ négocié

Les journalistes avaient été dépêchés à Banjul pour couvrir la crise politique en cours. Ils ont été interpellés alors qu’ils assistaient à l’audience de la Cour suprême qui devait examiner, mardi 10 janvier, l’examen d’un recours déposé par le président Yahya Jammeh pour l’annulation de l’élection présidentielle de décembre.

Battu par l’opposant Adama Barrow, le chef d’État au pouvoir depuis 22 ans conteste les résultats après avoir un temps admis sa défaite. La Cour suprême a finalement jugé impossible de statuer avant des mois, le temps de remplacer les juges manquants depuis plus d’un an et demi, a déclaré son président, le magistrat nigérian Emmanuel Fagbenle. Une nouvelle audience a malgré tout été ajouté à l’agenda, le lundi 16 janvier.

D’ici là, la Cour a prôné une solution négociée avec le président élu Adama Barrow. Dans ce sens, une délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 pays) doit se rendre en Gambie vendredi 13 janvier, pour tenter de faire entendre raison au président Yayha Jammeh.

Avec AFP

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