DISTRIBUTION DES SEMENCES D’ARACHIDE – Le grand « tong tong » du siècle

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Interrogez le plus petit cultivateur et il vous répondra sans ambages : la campagne de commercialisation arachidiére de cette année sonne comme un échec cuisant. Les raisons d’un tel flop sont nombreuses et variées. De la qualité des semences aux bons impayés jusqu’au risque de disparition programmée de la filière, chaque paysan peut relater les multiples difficultés qui assaillent ce secteur pourtant si névralgique de notre économie nationale.Résultat de recherche d'images pour "abdoulaye seck"

isons le tout haut à ce rythme les jours de la culture de l’arachide sont comptés tellement les maux qui assaillent ce secteur si important de notre économie nationale sont nombreux et variés. La campagne de cette année qui est qu’on le reconnaisse ou non un véritable fiasco le prouve à plusieurs égards. Des régions comme celle de Louga ou de Kaolack qui étaient reconnues comme étant les bassins arachidiers de notre pays ne le sont plus que de nom. D’ailleurs, dans ces localités les cultivateurs tendent à délaisser la culture de l’arachide qui les faisait vivre pour migrer tout simplement vers la culture du mil qui même si elle ne rapporte pas mieux au moins les fait vivre et leur permet de subvenir à leurs besoins alimentaires les plus immédiats et les plus simples. Avec la forte poussée démo- graphique notée dans notre pays, les terres tendent à disparaitre à cause d’une urbanisation galopante.
A chaque jour suffit son litige foncier dans une localité quelconque de notre pays. Les terres sont confisquées et en- levées aux véritables cultivateurs par des élus locaux ou autres hommes d’affaires assoiffés de gains faciles. Avec le flux d’argent qui l’accompagne, cette boulimie foncière tend à mettre les agriculteurs affamés face au choix des espèces sonnantes et trébuchantes contre le reniement a leurs terres. Des fois, ces terres sont également confisquées de force par des élus qui s’abritent derrière le fait que les terres appartiennent au domaine national donc au plus fort. Des fois, ce sont des décrets ou des arrêtés pris par ceux là qui nous gouvernent pour faire main basse sur ces terres qui finissent par être loties et transformées en cités en habitations. Des soit- disant projets agro pastoraux naissent de toutes parts et obligent les paysans à céder les lopins qu’ils exploitent à des véreux. Cette disparition progressive des terres est une des raisons qui font que les paysans ne s’adonnent plus comme soixante ans et plus derrière à l’agriculture.

Mort programmée de la filière arachidière 
La pluviométrie faible ne suffit pas à elle seule pour expliquer la mort programmée de la filière arachidière dans notre pays. Les zones de production n’existant plus pour les paysans. Quel impact alors pourrait avoir la pluviométrie même défectueuse sur leur vécu. Si la culture arachidière est délaissée par les paysans au profit de la cul- ture vivrière également, c’est aussi et surtout par la faute de ces hommes d’afaires sans scrupules qui confisquent d’une manière éhontée les minces revenus de ces derniers qui ne tiraient leurs avoirs que de la vente de leurs produits. Les quelques courageux qui continuent de s’arc-bouter à la culture de l’arachide, éprouvent toutes les difficultés du monde. S’ils disposent de ter- res et même si le ciel ouvre abondamment ses vannes, il se pose à eux la problématique de la disponibilité des semences. Ces semences qui sont soit non certifiées sont souvent vendues à des collègues hommes d’affaires ou puissants bureaucrates tapis au sein des plus hautes sphères de l’Etat comme ce ministre qui ignore tout de la terre mais qui dispose pourtant de plus de cent trente tonnes.

Des semences distribuées entre amis au grand malheur des paysans 
Ces semences sont également et le plus souvent redistribuées aux militants c’est à dire à une clientèle politique et aussi entre amis avant d’être rétrocédées à des familles politiques ou maraboutiques au détriment des pauvres paysans. Si malgré ce lot de difficultés un paysan lambda parvient a surmonter tous ces écueils et à produire, il se retrouvera inévitablement confronté aux difficultés liées a la commercialisation de son produit. Les bons impayés font foison chez les paysans. L’usine de la Sonacos ne rachetant plus totalement les arachides ou si elle le fait elle ne paye pas ou payant tardivement, les pauvres paysans se rabattent sur la presse pour crier chaque jour davantage leur mal- vivre sur les plateaux de radios de télévisions ou dans les journaux comme
si ce sont les pauvres journalistes qui étaient la solution à leurs mille et une difficultés. Les autorités en charge du secteur bien qu’interpellées à plusieurs reprises sur le sujet, continuent de faire la sourde oreille. Si au contraire, c’est pour elles aussi assaillir le même canal journalistique utilisé par les paysans pour faire croire à des projets mirobolants sur les lendemains en- chanteurs de la filière. Quelle autorité a eu le courage de regarder les yeux dans les yeux pour leur avouer que les lendemains de la filière arachide n’auguraient rien de bon ?
Aucun ministre du secteur ne dira que la politique agricole dans notre pays est un échec.

Des quotas attribués à des non cultivateurs puis revendus 
Voila que maintenant après le rendez- vous manqué de l’an 2017, ces mêmes autorités sans vergogne aucune, osent affronter les paysans pour leur donner
à nouveau rendez-vous en 2019 comme si la matérialisation et la réalisation d’une bonne campagne de commercialisation agricole se décrétait toutes les années impaires ou si elles voyaient tomber du ciel ou sur un clic des doigts. Les promesses comme les projets mirobolants n’engagent que ceux qui croient mais au rythme où elles sont faites de la manière dont elles sont prises, il est sûr et certain que ce ne sera pas demain le bout du tunnel pour les pauvres paysans. C’est tout ce qui entoure la filière qui doit être revu, corrigé avant une éventuelle mise sur pied tout en se donnant un rendez-vous acceptable mais aussi et surtout il va falloir au préalable intégrer les principaux con- cernés, les intéresser et aussi les mettre à contribution. Des quotas attribués à des non cultivateurs ont été revendus. Mais tant que la bonne graine ne sera pas encore séparée de l’ivraie, toute campagne de commercialisation qui pourra être initiée sera inévitablement vouée à l’échec comme celle de cette année.

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