De la prison ferme pour une femme blanche raciste

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Vicki Momberg, une Sud-Africaine blanche a demandé mercredi à faire appel de sa condamnation à deux ans de prison pour insultes racistes, la peine la plus sévère jamais infligée pour ce délit depuis la fin officielle du régime de l’apartheid en 1994.

Ex-agente immobilière, la femme âgée de 49 ans, a été condamnée en mars à trois ans d’emprisonnement, dont deux ferme, pour avoir traité un agent de police noir de «kaffir», le terme le plus insultant utilisé pour désigner les Noirs sous l’apartheid. L’incident s’est produit en février 2016, juste après avoir été victime d’un vol alors qu’elle circulait en voiture dans une banlieue de Johannesburg.

Un enregistrement vidéo largement diffusé sur les réseaux sociaux la montre, furieuse, en train d’insulter un officier de police qui lui était venu en aide, le taxant une cinquantaine de fois de «kaffir». Lors du procès, son avocat a plaidé les circonstances atténuantes, soulignant qu’elle avait réagi sous le choc. La juge Pravina Raghoonandan l’a toutefois condamnée à la prison ferme pour, a-t-elle justifié, faire un exemple. Elle a également ordonné son incarcération immédiate. Sur le coup de l’émotion.

Sa décision a été largement saluée par la population noire et les ONG de la société civile. Toujours détenue, Mme Momberg s’est présentée mercredi devant un tribunal de Johannesburg pour faire appel de sa condamnation au motif qu’elle avait agi sous le coup de l’émotion. Un procureur, Yusuf Baba, a jugé «sans fondement» sa demande. «La question de l’altération de sa capacité de jugement n’a jamais été soulevée auparavant», a-t-il argué à la barre, «ce motif d’appel n’est pas fondé».

Le juge a renvoyé l’audience au 18 avril. Jusqu’à cette affaire, les auteurs d’injures racistes étaient exclusivement sanctionnés financièrement. En 2016, une autre agente immobilière blanche, Penny Sparrow, avait écopé de 10.000 dollars d’amende pour avoir comparé sur les réseaux sociaux les Noirs à des singes.

 

Source: AFP