Affaire Ramadan : un homme met en cause la crédibilité d’une plaignante

Un fonctionnaire a affirmé, auprès de la police, que Henda Ayari l’avait harcelé et menacé de porter plainte pour viol en 2013.

Au regard de la personne mise en cause, le théologien musulman Tariq Ramadan, accusé par deux femmes de viols, l’affaire s’annonçait explosive et compliquée. Elle l’est. Avec son lot de rebondissements, d’attaques, de campagnes sur les réseaux sociaux. Dernier épisode en date : un témoignage, transmis le 30 novembre à la police judiciaire, auquel a eu accès l’AFP.

Un fonctionnaire assermenté affirme que Henda Ayari, l’une des deux femmes qui accusent le prédicateur, aurait pris contact avec lui en mars 2013 pour obtenir des renseignements juridiques dans le cadre de problèmes professionnels : «Quelques jours après, elle voulait me revoir, me disant avoir besoin de réconfort. J’ai indiqué être marié, elle insistait, je refusais ses avances.» Le fonctionnaire affirme avoir été ensuite harcelé par Henda Ayari, qui l’aurait finalement menacé de porter plainte pour viol. «Tout cela est faux, archifaux», s’insurge, Me Grégoire Leclerc, l’un des deux avocats de Henda Ayari, interrogé par Libération : «Ce n’est probablement que le début d’une longue série de tentatives de déstabilisation.» 

 Protection policière

Il y a quelques jours, une femme se présentant comme une ex-belle sœur de Henda Ayari, a publié, sous couvert d’anonymat, une lettre ouverte, l’accusant de s’être très mal comporté avec sa belle famille et d’avoir abandonné ses enfants. «La méthode est coutumière chez Tariq Ramadan, commente Me Leclerc. Elle vise à décourager d’autres victimes potentielles de porter plainte ou d’autres personnes à témoigner.»  De son côté, Me Yassine Bouzrou, l’avocat de Tariq Ramadan, sollicité par Libération, répond qu’il n’a«aucun commentaire» à faire.