65 000 signatures de parrains….Macky recule

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Au cours de ces derniers jours, le président de la République, Macky Sall, profite de tous ceux qui peuvent transmettre des messages à l’opposition pour faire comprendre qu’il est prêt à lâcher du lest sur la question controversée du parrainage. A des personnalités qu’il a rencontrées récemment, aux organisations de la société civile qu’il a reçues sur l’introduction de Moustapha Niasse, le locataire du Palais s’est déclaré prêt à revoir à la baisse le 1% des inscrits (65 000 signatures de parrains) exigé à chaque candidat pour participer à la présidentielle.

«S’ils (opposants) pensent  que le taux de 1% est élevé, on peut réduire encore à 0,5% ou 0,75%. Tout cela est possible. Mais on ne peut pas comprendre que l’opposition n’exprime pas ce qu’elle veut et tente de dire que le projet ne passera pas. Cela est inacceptable», martèle-t-il.

A l’intention de la société civile, qu’il a félicitée pour sa démarche de médiation, il rassure: «Il faut que tous se retrouvent, sans aucune crainte, sur le projet de parrainage. Cette discussion entre tous les acteurs concernés est possible.»

L’argument de base du président de la République en faveur de son projet de parrainage tient au fait que certaines choses sont à rectifier au regard du niveau actuel de notre démocratie. Selon Macky Sall, 300 partis politiques, ce n’est pas acceptable dans un pays comme le Sénégal. Il faut rationaliser le jeu politique, pour non seulement réduire l’argent public qu’on y injecte, mais surtout pour plus de clarté afin d’éviter en l’avenir que  les élections bloquent à cause d’une prolifération de candidatures.

Le chef de l’Etat envoie à travers moult canaux aux leaders de l’opposition des signaux de détente. Sans pour autant être cru. Beaucoup de ses adversaires, habitués à sa méthode de forcing depuis son accession à la tête de l’Etat, pensent qu’il joue pour gagner du temps afin de faire passer sa réforme par surprise, le 19 avril.

Si Macky Sall est vraiment sérieux dans cette offre de dialogue, un préalable est indispensable: un report de la séance plénière d’examen du projet de loi fixée au 19 avril. C’est d’ailleurs ce que l’opposition a dit aux acteurs de la société civile impliqués dans la médiation. Il est vrai que ce serait un signal fort de la bonne foi du président, un marqueur de sa volonté de trouver une issue concertée à la crise soulevée par le projet de réforme constitutionnelle.

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